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En route vers l’Europe ?
Depuis la chute du régime, la société roumaine est confrontée à des changements profonds. Les habitudes de consommation évoluent et gagnent aujourd’hui les campagnes. Dans bon nombre de villages, l’installation d’un réseau d’assainissement, l’accès à l’eau courante ou à l’électricité apparaissent comme une véritable (r)évolution. Dans ce contexte, les considérations environnementales ont peu de poids. Du coup, les pollutions sont nombreuses. On trouve ainsi de plus en plus de déchets en marge des villages, le long des cours d’eau, à la surface du Danube.


Au désespoir des habitants et faute d'une réelle volonté politique, le ramassage des déchets est aussi problématique qu’épisodique. Non seulement le nombre d’emballages augmente à mesure que le pays se libéralise, mais en plus les services de nettoyage ne respectent pas les clauses de leur contrat. En cas de crues, les immondices amassées en bordure des villages se retrouvent ainsi rapidement à la surface du "beau Danube bleu"…

Les habitants sont désolés, eux qui avaient l’habitude de la consigne et du recyclage. Eux qui ont dû se faire aux nouveaux usages du prêt à jeter à l’américaine, eux qui ont à gérer des kilos de déchets quotidiens. Et le drame c’est qu’à mesure que les emballages se multiplient, les entreprises chargées du ramassage ne respectent pas leurs contrats. Et personne n’est là pour les sanctionner. L’Etat sous sa forme paternaliste a disparu, ses intérêts sont ailleurs et c’est avec parcimonie qu’il veille au respect des lois, voire même de ses propres engagements. Le Ministère des Transports a donné l’autorisation de dynamiter un flan rocheux de la réserve naturelle de Ciucaru Mare afin d’aménager une route…




Vers un Parc à la française
Pourtant, malgré ce constat alarmant, il est à parier que les concepts du développement durable trouveront des applications concrètes dans la Roumanie des prochaines années. Tout d’abord parce que le pays semble en bonne voie pour une intégration européenne en 2007. La population semble d’ailleurs majoritairement enthousiaste à cette idée... Orsova est traversée de banderoles « Oui à l’Europe ». Et ensuite parce que cette intégration devrait permettre d’accorder une place de plus en plus importante aux questions d’environnement dans le débat politique et la législation nationale.
Mais le principal espoir pour cette partie du territoire et son patrimoine est de voir se consolider et perdurer le projet de Parc naturel régional. Une ambition qui repose sur les épaules d’une poignée d’individus, menés de main ferme par Maria Patroescu, universitaire biogéographe de Bucarest.


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DOSSIER ENVIRONNEMENT & PHENOMENES

Faune et flore


Les cormorans pygmées (Phalacocorax pygmeus), endémiques à l'Europe de l'est, sont particulièrement présents le long du Danube.

Le territoire des Portes de Fer présente un patrimoine naturel extrêmement riche, du fait de la diversité des milieux. Y ont ainsi été dénombrées pas moins de 3000 espèces végétales caractéristiques des différents types d'habitats réunis ici (zones humides, prairies, steppes, tourbières, forêts, éboulis rocheux…) ou endémiques. Une soixantaine de milieux ont été protégés au titre de la Directive européenne Habitat.… 257 espèces menacées bénéficient d'un statut de protection international. Les chênes, hêtres et charmes sont particulièrement présents dans les formations forestières qui sont largement dominantes, mais restent très difficilement accessibles en l'absence de routes. Oiseaux, grands carnivores, insectes et reptiles sont particulièrement bien représentés. La tortue d'Hermann (Testudo hermanni) et la vipère des sables (Vipera ammodytes), sont les deux mascottes du territoire. Les poissons ont quant à aux souffert de la construction du barrage (conçu sans passe), certaines espèces migratrices comme l'esturgeon ont partiellement disparu de cette partie du fleuve.

Nous sommes en plein cœur d’une réserve naturelle. La route est pourtant élargie de façon radicale, à l’aide d’explosifs. Le respect de la réglementation en vigueur est parfois bien loin des usages, surtout lorsqu’il s’agit d’environnement.

En général c’est plutôt des micro-parcelles que l’on retrouve dans le paysage agricole. Cependant de vastes étendues nous rappellent notre campagne beauceronne. La culture y est plutôt intensive entraînant une forte érosion. En plus du danger induit pour les populations (glissements de terrains…), les cours d'eau se retrouvent ainsi souvent chargés d'alluvions et comblent prématurément le fleuve en aval.

Leur démarche est guidée par les principes des Parcs naturels régionaux à la française. Il s’agit de fonder le développement de la région sur la protection et la valorisation du patrimoine naturel et culturel riche mais menacé. C’est à une tâche de longue haleine que s’est attelée l’équipe. Qui en récolte aujourd’hui les premiers fruits. Petit à petit, maires, écoliers et villageois semblent percevoir l’intérêt de la démarche. Il y a trois ans, le Parc naturel de Portes de Fer a obtenu un financement européen LIFE pour la sauvegarde de la tortue d’Hermann et de la vipère des sables. L’occasion pour l’équipe de sensibiliser adultes et enfants à la nécessité de préserver les richesses naturelles. Si cette entrée est pour le moment privilégiée en matière de sensibilisation, il s’agira bien vite d’en élargir le champ aux autres richesses locales. L’équipe du parc a d’ailleurs bien compris l’opportunité qu’il y avait à s’ouvrir sur l’extérieur… On peut ainsi souhaiter qu’un jour une coopération soit établie avec le Parc naturel serbe situé sur l’autre versant du Danube, par-delà les antagonismes. Car, comme le résume si bien l’affichette apposée sur la porte de l’école du village de Dubova, « diversité + tolérance = richesse ».



 

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