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Comment
fabrique t-on du papier recyclé ?
Les méthodes varient suivant
les caractéristiques du gisement de base
(qualité des fibres, quantité d'éléments
"parasites", encre) et celles souhaitées
du produit fini (du carton aux papiers graphiques,
etc…).
Les procédés sont très différents
parfois, faisant intervenir des process et produits
complexes, nécessitant plus ou moins d'eau
et d'énergie, et générant
plus ou moins de déchets variés.
Les explications qui suivent sont une version
allégée des étapes basiques.

Les déchets de papier et d'emballages proviennent
de nombreuses sources, classées en "sortes"
- à condition d'être déposés
dans le bon conteneur ou confiés à
une collecte organisée. Ils proviennent
à 10% des ménages et à 90%
de l'industrie.
Le carton est largement majoritaire dans tous
ces chiffres.
Les cartons, emballages,
papiers mélangés, dénommés
"sortes basses" représentent
les 2/3 de la matière recyclée et
servent à fabriquer de nouveaux emballages.
L'emballage exigeant moins de traitement que les
autres filières, l'opération est
rentable sur le plan écologique.
Pour fabriquer
du papier graphique ou d'écriture,
journal ou d'emballage à partir de journaux
et magazines, de papiers de bureau, de chutes
d’imprimerie… qui nécessitent
un désencrage, de nombreux traitements
mécaniques et physico-chimiques sont nécessaires.
Toutes les étapes de préparation
de la pâte visent à séparer,
pour épurer, les différents éléments
(plastiques,
échantillons, agrafes, encre etc…)
des fibres.
Les papiers, une fois triés, deviennent
la matière première utilisée
pour la fabrication de la pâte. Ils sont
trempés avec de l'eau savonneuse dans un
pulpeur qui les transforme en "bouillie"
très fluide, conservant les fibres en suspension.
On ôte les agrafes métalliques et
les sables à l’aide d'un hydrocyclone
dont l'action est basée sur la force centrifuge.
Une étape de tamisage permet d'extraire
les colles des dos de magazines ou d'enveloppes,
puis on extrait les particules d'encre par un
procédé physico-chimique dit de
"flottation" où
des bulles d'air insufflé créent
une mousse avec le savon, emportant l'encre, si
le désencrage est requis. Le lavage, en
fin de chaîne de préparation de la
pâte, vient à bout des derniers déchets
les plus fins. On peut alors, si l’on souhaite
au final un papier blanc, blanchir au peroxyde
d’hydrogène (eau oxygénée),
mais jamais au chlore avec les FCR.
La
pâte est ensuite traitée en fonction
de la qualité de papier souhaitée,
en y ajoutant des adjuvants divers (talc, carbonate
de calcium, kaolin, voire des végétaux…),
comme pour les fibres de bois, mais cette opération
est facultative.
Les dernières étapes sont similaires
à celles appliquées à la
pâte de fibres vierges pour obtenir la feuille,
et hop ! voilà le papier recyclé.
A l'échelle artisanale, dans le cas idéal
d’un papier récupéré
très peu imprimé et peu transformé
(chutes d'imprimerie, déchets de bureau
sélectionnés), le pulpeur va simplement
séparer les fibres entre elles à
l'eau. Après cette étape, on saute
celle du désencrage pour obtenir du papier
absolument écologique. On utilise alors
directement cette pâte non désencrée
et non blanchie pour recréer des feuilles.
Le papier, par cette méthode vraiment écologique,
aura un aspect un peu moins blanc et pourra présenter
quelques taches éparses, sans conséquences
dans la plupart des cas.
PRECENDENTE
© EKWO |
DOSSIER
EKWO ATTITUDE
Le
recyclage est-il polluant ?

Tout dépend
du gisement, de la technique et de la qualité
souhaitée au final. En considérant
le scénario le plus défavorable,
le recyclage l'est un peu, comme toute opération
de production qui nécessite eau, énergie
et génère quelques déchets.
Mais si l'on considère l'ensemble du cycle
pâte + papier, le bilan écologique
du papier recyclé est nettement plus avantageux
que celui issu du bois. D'abord, parce qu'il s'agit
d'une opération de revalorisation de déchets,
qui déleste d'autant les usines d'incinération
ou les décharges : en 2002, 5,5 millions
de tonnes de papiers et cartons ont été
récupérés (sur 11 millions
de tonnes consommés).
L'opération de désencrage est facultative
et utilise les propriétés du savon
et de l'air dans un procédé physico-chimique.
Ensuite, les opérations de lavage et de
traitement utilisent beaucoup moins d'eau et de
produits chimiques, voire pas ou très peu
de ces derniers. Là encore, ce sont des
déchets préexistants qui doivent
être traités comme n'importe quel
autre déchet ultime, car dans leur grande
majorité ces encres sont chimiques, même
si jugées non toxiques. Les nouveaux procédés
de blanchiment des FCR sont facultatifs et moins
polluants que ceux utilisés pour blanchir
les fibres vierges, qui font intervenir le chlore.
Comment
apporter sa pierre à l'édifice ?
En premier lieu, on peut minimiser
sa consommation, en réutilisant les feuilles
sur leur face vierge, pour du brouillon ou les
fax. Devant son ordinateur, on peut corriger au
maximum à l'écran, imprimer les
textes longs en diminuant les marges et la taille
de la police. Au lieu de multiplier les impressions
d'un document, le faire circuler. Imprimer et
photocopier en brouillon ou éco…
Un torchon dans la cuisine vaut bien quelques
essuie-tout, cela réduit l'usage du jetable.
Pour les emballages de paquets et les déménagements,
un vaste choix se trouve dans les super-marchés,
le matin lorsqu'ils déballent.
On peut aussi refuser les kilos de prospectus
distribués dans la boîte aux lettres
en le signalant clairement dessus.
Il est possible également, lors d’une
visite d'exposition, de rendre le programme à
l’entrée…
Autant privilégier à l'achat les
produits comportant moins d'emballage et, dans
la mesure du possible, préférer
le "recyclé".
Qu'est-ce
qui se recycle facilement ?
Les imprimés : les revues,
les magazines, les journaux, les catalogues, prospectus...
(même si de grandes surfaces sont très
imprimées, l'encre est souvent plus facile
à extraire que celle de nos imprimantes).
Le papier de bureau et d'usage courant : les photocopies,
les imprimés, les cahiers, les blocs, les
enveloppes...
Et surtout les emballages en carton ondulé.
…Et
difficilement ?
Les enveloppes à fenêtre
en plastique, les étiquettes autocollantes,
le papier fax thermique ; les chemises colorées
teintées dans la masse ; le papier calque
; le papier paraffiné. Ce n'est pas impossible
mais cela exige des procédés adaptés.
Mais jamais : les mouchoirs en papier, les couches,
la vaisselle jetable, les lingettes, les papiers
alimentaires...
Que
peut-on acheter en papier recyclé ?
Le papier d'écriture recyclé
a aujourd'hui acquis ses lettres de noblesse bien
méritées. Fini le papier moche,
mou, gris, place à un papier recyclé
efficace : il ne bourre pas ni imprimante ni photocopieur,
peut être méconnaissable (surtout
lorsqu'il l'est à 50 ou 75 %), original
lorsqu'il contient des traces de végétaux,
chic par son aspect et chaleureux dans la main.
On le trouve sous toutes les formes :ramettes,
papier à lettres, à dessin, cahiers,
blocs, enveloppes, chemises en carton…
Et
également pour la maison :
mouchoirs, papier WC, essuie-tout,
nappes, serviettes, papier cadeau, de nombreux
emballages et d'autres encore… à
condition que soit précisée la mention
"papier recyclé". A ce jour,
il n'existe pas encore de logo ni de label universellement
reconnu, l'ange bleu allemand étant celui
accordé suivant les critères les
plus stricts.
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