| Les
villes mongoles en développement, l'environnement
éprouvé 

Plus
les populations se concentrent, plus les activités de production
s’accroissent et comme chaque fois l’environnement
en pâtit. La population mongole, de 2,5 millions d’habitants,
s’étend sur une surface de 1,564 millions de km2
(trois fois la France). Peu d’habitants pour un espace aussi
immense, la pollution n’est donc pas encore visible. Par
conséquent, la conscience écologique est faible,
voire inexistante. La Mongolie subit les pollutions diverses de
ses voisins, la Chine et la Russie. Ces deux géants industriels,
enclins à une croissance économique, développent
une industrie aux exigences environnementales incertaines.
D’ailleurs, le PNUD relève dans la zone urbaine d’Ulan
Bator 4,5 m3 de gaz polluants, 4,14 tonnes de micro-particules
nocives et 6,76 kg de monoxyde de carbone émis chaque heure
par les trois centrales électriques de la capitale, fonctionnant
au diesel.
L’hiver,
le chauffage produit un taux de monoxyde de carbone excède
de 2 à 4 fois les normes environnementales. Six mois par
an les conditions climatiques extrêmes imposent une consommation
d’énergie très élevée. Plus
d’un million de personnes sont approvisionnées par
une centrale électrique ou par des générateurs
plus ou moins puissants et se chauffent avec des poêles.
Les énergies solaires restent frileuses. Seulement quelques
centaines de panneaux solaires sont installés malgré
un ensoleillement abondant.
5
à 7 millions de tügrüg
(soit près de 6,3 millions d’euros)
sont nécessaires chaque année pour réparer
les dégâts matériels dus aux phénomènes
hydrologiques et météorologiques, aux catastrophes
naturelles, à l’incidence d’une neige forte
et à la sécheresse.
La
sédentarisation, le changement de mode de vie, l’accès
plus facile à la consommation, font que les villes attirent
plus de monde et produisent énormément de déchets.
Aujourd’hui Ulan Bator génère 0.5 million
de m3 de déchets solides par an qu’elle envoie dans
les déchetteries autour de la ville où ils sont
brûlés. Dans la plupart des cas, les déchets
hospitaliers considérés contagieux sont brûlés
à l’air libre dégageant une forte quantité
de dioxines.
Les
sols affaiblis par une agriculture intensifiée
Les
sols souffrent en Mongolie. L’agriculture s’est développée
de façon intensive, pour répondre aux besoins de
la population croissante, pendant le communisme avec l’introduction
du fermage. De 1989 à 1998, les familles d’éleveurs
ont presque triplé. Le développement des fermes,
l’industrie minière, les changements des modes de
reproduction du bétail, le « surpâturage »
surtout autour de campements et de points d’eau ont provoqué
un affaiblissement des ressources naturelles. A mesure que la
pâture se détériore, les bêtes, plus
nombreuses, sont moins nourries et moins résistantes aux
conditions extrêmes.
SUITE
Sauvons
le lac Khovsgol !
A
la limite entre la Sibérie et le nord de la Mongolie
se trouve le lac Khovsgol, d’une profondeur de 282
m. Il s’agit du plus grand lac de Mongolie avec ses
2760km², une longueur de 136 km et près de 50
km de large. Quatre-vingt dix rivières entrent dans
le lac mais une seule en ressort : Egiin Pol, qui se jette
dans le lac Baïkal puis dans les fleuves Angara et
Ienesseï. Un havre de nature ? Pas vraiment. Pendant
six mois, le lac est complètement gelé. Sur
l’eau qui dort, passent des camions venant de Russie
pour ravitailler le pays en produits de première
nécessité. De mai à décembre,
un cargo à simple coque et hors d’âge
transporte 300 tonnes de pétrole par passage et renouvelle
l’expérience 160 fois par an. Sur les berges,
une flopée de camps pour touristes déversent
leurs déchets quotidiens à quelques mètres
du lac. Ils utilisent également de vielles pompes
à moteur pour récolter l’eau. Il en
émane une fumée noire sous laquelle on peut
voir des enfants allongés. Comble de l’inconscience,
ils la respirent à grande bouffée en riant…
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EKWO
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Une
perte de la production animale et un gouffre
économique prouvent que l’agriculture intensive n’est
pas du tout adaptée aux contraintes naturelles mongoles.
Conscient de l’inadaptation du système, le gouvernement
développe actuellement un programme d’aide au développement.
Pour un retour aux campagnes, au système pastoral nomade,
aux espaces de liberté… avec les exigences d’un
Etat libéral. La
sédentarisation devient la norme et le pastoralisme un
programme gouvernemental. Le nomadisme, tel qu’il est montré
par la publicité et les médias en quête d’exotisme,
n’existe pas en Mongolie. Ce magnifique pays s’aligne
progressivement au village global, au détriment des us
et coutumes locales. Ce pays change vite, peut-être vit-il
ses dernières années d’authenticité.
HISTORIQUE
Préhistoire
-
Des ossements découverts dans le désert de
Gobi et dans d'autres régions de Mongolie témoignent
d'une présence humaine remontant à près
de 500 000 ans.
IIIè
siècle avant JC – VIè siècle
après JC
:
Les steppes de l’est sont dominées
par un peuple guerrier connu sous le nom des Huns contre
lesquels les Chinois ont construits la muraille de Chine.
Les Huns ont étendu leur territoire et sont arrivés
jusqu’en France.
618-907
-
Dynastie Tang. C'est à cette époque que le
nom "Mongol" apparaît pour la première
fois dans les archives chinoises. La Mongolie est alors
dominée par un peuple turc, les Ouïgours, qui
contrôlent le pays jusqu'en 840, avant d'être
vaincus par les Kirghiz.
Xè-XIIè
siècle - Peu enclins à s'allier
avec d'autres peuples nomades du Nord de l'Asie, les Mongols
forment longtemps une confédération flottante
de clans rivaux.
1189-1227
- Un jeune Mongol de vingt ans, du nom de Temüjin,
s'impose et parvient à unir la plupart des tribus,
ce qui lui vaut le titre de Gengis Khan ("empereur
universel"). Si, pour les Occidentaux, ce nom est associé
à l'image d'un personnage impitoyable et belliqueux,
il incarne avant tout pour son peuple la force, l'unité,
le droit et l'ordre. Après avoir établi sa
capitale dans l'actuelle Kharkhorin, il lance son impressionnante
cavalerie (constituée de chevaux takhi) à
l'assaut de la Chine et de la Russie. A sa mort, en 1227,
l'Empire mongol s'étend de Pékin jusqu'à
la mer Caspienne.
1279
- Kubilaï Khan, petit-fils de Gengis Khan, achève
la conquête de la Chine. Au lieu de chercher à
agrandir davantage le royaume, il s'efforce de l'unifier.
C'est la pax mongolica, l'âge d'or de l'Empire mongol,
un des plus vastes de tous les temps.
1294
- Mort de Kubilaï Khan. Des factions rivales
se forment et les Chinois commencent à s'opposer
au joug mongol.
1368
- Les Mongols sont chassés de Pékin
par le premier empereur de la dynastie Ming. S'ensuit une
longue période de déclin et de lutte entre
les Mongols orientaux (héritiers de Gengis Khan)
et les Mongols occidentaux (soumis aux Ming) qui dure près
de trois siècles.
1616
- Les Mandchous, ethnie du Nord-Est de la Chine,
s'imposent à leur tour en Asie en fondant la dynastie
Qing. Ils rallient les Mongols orientaux et soumettent la
dynastie Ming. Leur règne bienveillant sur la Chine
dure jusque vers 1800. Puis la corruption et le despotisme
précipitent la chute de l'empire.
1911
- Fin de la dynastie Qing. Les Mongols proclament
leur indépendance et mettent en place un gouvernement
provisoire sous l'autorité de Bodg Khaan, le huitième
"Bouddha vivant".
1915
- Le traité de Kyakhta, signé par la
Mongolie, la Russie et la Chine, accorde à la Mongolie
un statut d'autonomie limitée.
1924
- Proclamation de la République populaire
de Mongolie (RPM), qui devient le deuxième pays communiste
du monde (dirigé par le Parti populaire révolutionnaire
mongol). Aidée depuis 1921 par la Russie soviétique,
la Mongolie parvient à préserver une relative
indépendance vis-à-vis de Moscou jusqu'à
la fin des années 20. Puis le pays est balayé
par les purges staliniennes ; tous les intellectuels fuient
la Mongolie.
1937-1938
- Campagne
de terreur contre les monastères et les moines, qui
décime près de 3% de la population mongole.
1941
- Sortie du film d’Orson Welles Citizen
Kane, qui commence avec un vers de S.T Coleridge et traduit
une fascination atemporelle pour l’empereur Kubla
Khan:
« In Xanadu did Kubla Khan
A stately pleasure-dome decree…”
1986
- Encouragé
par les réformes de Mikhaïl Gorbatchev, le décentralisateur
mongol Jambyn Batmonkh tente d'introduire la perestroïka
et la glasnost dans son pays.
1990
- Manifestations prodémocratiques devant le
parlement d'Oulan-Bator et grèves de la faim. Batmonkh
perd le pouvoir et de nouveaux partis politiques émergent.
En mai, le gouvernement amende la Constitution pour permettre
la tenue d'élections multipartites, mais les régions
rurales plébiscitent le maintien du Parti communiste
au pouvoir.
1996
- La victoire de la Coalition d'union démocratique
aux élections législatives du 30 juin met
fin à 75 ans de règne communiste.
1999-2001
- La rigueur exceptionnelle, dû au changement
climatique, des deux derniers hivers a sérieusement
remis en cause le mode de vie des éleveurs nomades
et amené le pays au bord de la crise (6 millions
de têtes de bétail meurent en raison du zud,
soit des températures extrêmes). Après
plusieurs années d'une politique de réformes
et de privatisation, la pauvreté et la famine continuent
de miner le pays.
2002
- Pour la première
fois depuis longtemps, la situation économique s'améliore
légèrement (3% de croissance).
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