au menu d' EKWO

Pour en savoir plus :

Au cas où vous voudriez avoir une yourte dans votre jardin...
www.yourte.com

Panorama des habitations nomades dans le monde. Découvrir hostoire et techniques des huttes, tentes, yourtes, tipis, igloos...
Habitats nomades, Denis Couchaux, Edition Alternatives, 39 €.

Ambassade de France : www.ambafrance-mn.org

La Mongolie, premier empire des steppes, découvertes archéologiques récentes par la Mission archéologique français en Mongolie.

Editions Actes Sud.44

Histoires secrète des mongols, de Marie-Dominique Even et Rodica Pop (sur l'ascension de Gengis Khan au XIIIè siècle)
Editions Gallimard, 21.34 €

Dernières actualités en Mongolie, en anglais, UB Post
http://ubpost.mongolnews.mn

 



 

 

MONGOLIE,
VERS LA FIN
DU NOMADISME ?

La Mongolie, l’empire des steppes réputé pour ses paysages infinis, ses chevaux vigoureux et ses tribus nomades demeure dans l’esprit de chacun une terre de mystère où la nature domine les hommes. Pourtant, derrière les images médiatisées, se profile une réalité plus mélancolique…

A l’ouest, commence l’ère du « nomad land», avec les réseaux dépassant les frontières, tandis qu’à l’est, le nomadisme s’endort, laissant derrière lui une image évanescente de cavaliers parcourant les steppes avec leurs bêtes… Les nomades mongols existent bel et bien mais désormais, la majorité des mongols vivent dans les villes et leurs environs. Une atmosphère nostalgique émane de cette contrée magique, mais jusqu’à quand ces grandioses espaces infinis resteront-ils tels quels ?

Un environnement difficile à dominer
Sans doute doit-on aux conditions géographiques l’existence du nomadisme. L’environnement mongol, entre toundra (végétation basse, sans arbre) et désert, forêts et prairies, steppes et montagnes apparaît particulièrement varié. Le climat ultra-continental affiche des températures allant de – 50°C l’hiver à 40°C l’été, des précipitations faibles de 80 à 500 mm par an. Les sols, même lorsqu’ils sont fertiles, restent fragiles à cause des gels et du vent.

+ 1,56 °C, c’est la hausse des températures depuis les années 60. En Mongolie, les forêts tendent à disparaître pour laisser la place à des steppes arides.

En Mongolie, tout se prête au pastoralisme nomade. Les Mongols y trouvent un équilibre durable entre les ressources et la dynamique des besoins humains, entre l’énergie dépensée et l’énergie restituée. C’est la clé d’une présence viable et prolongée.                                    


Dans ce pays, la mise en culture des terres est difficile. Les hivers rigoureux et surtout le zud, période de très grand froid (-50°C et tempêtes de neige pendant plusieurs jours)perturbent le renouvellement des ressources. Il faut chaque année replanter, tout recommencer : une production régulière est presque impossible. Pourtant, la culture du blé a coexisté pendant des milliers d'années avec l'élevage nomade mais le système pastoral s’est toujours avéré le plus adapté aux contraintes naturelles mongoles. En effet, l’élevage permet aux nomades une optimisation des déplacements, une « négociation » entre quantité, qualité et effort fourni. Etre éleveur est tout un art. Il s’agit de guider plus que d’amplifier le troupeau, de transformer des ressources faibles en éléments durables, de maintenir un équilibre. La dispersion, et non la mobilité, est le moteur même de l’ensemble du système pastoral nomade. Les nomades évoluent dans un cadre le plus restreint possible, en passant d’un pâturage à l’autre, contrairement à une  errance migratoire. Ils véhiculent une culture  symbolique, dans la façon de s’occuper des  chevaux, l’architecture unique des yourtes, les  tissus chamanes entourant les arbres… un  ensemble de repères pour un peuple en  mouvement.                                              SUITE

Galsan Tsichinag, un chamane en quête de pureté



Né en 1944 aux confins du désert de Gobi dans une famille de nomades touvas (peuple qui vivait de la chasse et de l’élevage en étroite communion avec la nature avant d’être chassés de leur terre par les Kazakhs dès 1959), Galsan Tschinag se considère comme le représentant spirituel de son peuple, les Touvas. Ayant fait ses études à Leipzig où il est devenu professeur, il se veut « un pont reliant l’Est et l’Ouest ». Ses récits romancent sa vie et offrent un superbe témoignage de la vie nomade avant et après l’impérialisme communiste. Ils mêlent le roman d’apprentissage au plaidoyer écologique, dont l’auteur s’avère un fervent défenseur, le tout pétri de poésie chamane. On y découvre la vie de ce petit garçon bercé par la chaleur de la yourte et le respect des croyances traditionnelles. La scolarisation obligatoire décrétée par le gouvernement communiste sera vécue comme un arrachement. Il témoigne dans ses ouvrages la difficulté de l’exode, de la sédentarisation, de l’alcoolisme dont les Mongols souffrent… Pour lutter contre ce phénomène, Tschinag a lancé en 1995 l’opération Grande Nomadisation afin de ramener les familles au pays.

A lire :
« Ciel bleu »
« Le Monde gris »
« Sous le montagne blanche » aux Editions Métailié
www.editions-metailie.com






© EKWO

DOSSIER ENVIRONNEMENT & PHENOMENES

Pour Imprimer DD

Texte : Joséphine Le Gouvello
Photos : Agathe Derain et Damien Guerchois

SOMMAIRE
- Un environnement difficile à dominer
- La yourte, la maison mobile
- Vers un nouveau système pastoral
- Les villes mongoles en développement,        l'environnement éprouvé
- Des sols affaiblis par une agriculture              intensifiée
-
Galsan Tsichinag, un chamane en                  quête de pureté
- Triste sort pour le daim musqué

Sauvons le lac Khovsgol !
Historique

La yourte, la maison mobile

L’habitat mongol lui-même traduit cette propension à se mouvoir. Les yourtes (ger) sont conçues pour être montées et démontées facilement, pour déplacer les familles lorsque les conditions climatiques deviennent trop rudes. De forme circulaire, elle est composée d’une armature centrale en mélèze ou en pin entourée par un treillis fait de branches de saules, de genévrier et de frêne. Le tout est recouvert d’un tissu blanc en feutre qui conserve la chaleur. A l’intérieur, le mobilier est toujours le même. On retrouve systématiquement des tapis contre le treillis et un poêle alimenté par des bouses séchées (argal). Il est interdit de l’enjamber ou d’y faire brûler des déchets car ce feu est sacré. Les places au nord sont réservées aux divinités bouddhistes et chamanistes. La personne qui s’y installe est nécessairement la plus importante de la famille.

      

Triste sort pour le daim musqué 

Le daim musqué, aussi appelé chevrotain porte-musc, appartient à une espèce primitive. Ce petit quadrupède se nourrit de buissons et de lichen qu’il attrape avec ses canines de 5 à 7 cm. Le daim musqué sécrète du musc, une substance odoriférante qui se développe en période de rut chez le mâle et s’accumule dans une poche située dans l’abdomen. Le musc est très convoité pour ses qualités médicinales, il peut traiter la douleur, les convulsions, les enflures et le délire dans la médecine chinoise, et pour sa faculté à garder les odeurs parfumées. Le musc ne peut être recueilli qu’en tuant l’animal. D’après TRAFFIC, le réseau mondial veillant au commerce durable des espèces menacées, le daim musqué est en train de disparaître en Russie et en Mongolie à cause du braconnage. Le musc se vend aux Etats-Unis trois à cinq fois plus cher que l’or.
www.traffic.org

Vers un nouveau système pastoral
Tout au long des siècles, les Mongols se sont installés et ont créé des villes rappelant l’architecture chinoise. Des archéologues contemporains ont trouvé la nécropole de Xiongnu à Gol Mod (245 av. J.C.), avec ses tombes et ses forteresses. Cette découverte prouve ainsi que la dialectique entre nomades et sédentaires a toujours existé.

Il n’est donc pas nouveau que les Mongols quittent les steppes pour s’établir en ville. Aujourd’hui, la majorité se concentre dans la capitale Ulan Bator et dans ses environs, acceptant la sédentarisation malgré des conditions de vie parfois très sommaires. Certaines familles sont aussi contraintes de venir en ville quand les hivers sont trop rudes et qu’elles ont perdu leur troupeau.

En même temps, les formes de nomadisme ont changé. La chute du communisme a engendré une privatisation des terres. En 2002, une loi autorise la propriété privée (cette mesure n’a été prise que tardivement à cause de l’influence de la Chine) et entraîne la prolifération de barrières. Autour des yourtes de la banlieue l’Ulan Bator des clôtures se construisent à une vitesse fulgurante…



                                                 SUITE