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On observe par ailleurs une certaine réticence
et un manque de communication concernant les
forêts privées (3/4 du parc forestier
français !).
La forêt demeure avant tout un gisement
de bois commercialisable (38 millions de m3
en 1999 soit la moitié de l'accroissement
annuel des forêts) pour la construction
(charpente, ameublement) et le papier. Les plantations
artificielles sont donc de pratique courante,
ce qui met en péril la biodiversité
et la naturalité indispensables des forêts.
Les résineux représentent au total
39% du bois sur pied. Parmi eux, le pin maritime,
l'épicéa commun, le sapin pectiné
et le pin sylvestre sont les essences qu’on
trouve le plus communément. Chez les
feuillus qui constituent 61% du bois sur pied
total, le hêtre et les chênes rouvre
et pédonculé sont les principales
essences.
Une Forêt qui s’appauvrit

Près de 80% des forêts françaises
comptent moins de 5 types d'arbres. Quand les
exploitants parlent de « forêts
mélangées », ils semblent
oublier que 90% du volume boisé n’est
constitué que d’une seule essence
(les chiffres du ministère de l’Agriculture
indiquent 90% pour les résineux, 96%
pour les feuillus au niveau national !).
Alors, où sont les vraies forêts,
naturelles et riches de nombreuses espèces
? Globalement, 80% des forêts françaises
sont semi-naturelles (forêt à impact
humain limité), 20% sont artificielles
(ce sont
généralement les forêts
plantées) et seulement 0,2 % sont restées
naturelles, c'est-à-dire vierge de toute
activité humaine (fragments de forêts
dans les montagnes des Vosges aux Pyrénées,
quelques massifs de plaine comme à Fontainebleau).C'est
en Guyane qu’on trouve le plus grand massif
forestier naturel français ! Les dernières
grandes zones de forêts naturelles dans
le monde ne se trouvent plus qu’entre
le grand Nord canadien ou russe, et les Tropiques.
En France, seulement 0.2% des forêts seraient
« naturelles » (avec 7000 ha en
forêt publique et 23 000 ha en forêt
privée) et moins de 20% d'entre elles
seraient protégées.
Alors que 95 espèces végétales
et 125 espèces animales sont menacées
d'extinction en métropole, les arbres
utilisés pour le reboisement sont souvent
des espèces introduites, plus productives.
Ces essences non indigènes constituent
72% des plantations artificielles annuelles.
Dans le même temps, chaque année,
40% du bois métropolitain reste inexploité.
Ce constat laisse entrevoir l'espoir d'un retour
de la biodiversité et de la naturalité
des forêts. Mais à peine 0.03%
des futaies françaises dépassent
l'âge de la maturité (vieillissement
sans limite). Et sans le Canada et la fédération
de Russie, la part de forêts boréales
et tempérées de la zone regroupant
l'Europe, l'Amérique du Nord, la CEI,
le Japon, l'Australie et la Nouvelle-Zélande
qui pourraient être classées comme
naturelles, ne représente que 7%.
Comment
préserve-t-on les forêts
aujourd'hui ?
C'est à
Fontainebleau qu’est apparu le débat
sur la protection des forêts en France.
Ce sont en effet des artistes, peintres ou écrivains
comme Georges Sand ou Victor Hugo qui se sont
mobilisés dès 1837 pour faire
interdire l'exploitation de vieux arbres remarquables.
C'est en 1953, que naissent les premières
réserves biologiques intégrales,
et le premier statut de protection des «
réserves artistiques » date de
1861 (décret de Napoléon III).
Dans la politique forestière française,
on tient compte du caractère multifonctionnel
de la forêt. Aussi, la qualité
de la gestion semblerait s'améliorer,
hormis pour la forêt privée où
la gestion affiche une attitude conservatrice.
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DOSSIER
ENVIRONNEMENT & PHENOMENES
Ainsi la France ne protégerait que 1%
de ses forêts métropolitaines (et
5% outre-mer).
L’ensemble des organisations et associations
écologistes mènent depuis quelques
années déjà une réflexion
sur le développement durable et la protection
de l'environnement. Toutes s'accordent à
dire que conservation doit aujourd'hui rimer
avec biodiversité et naturalité.
Mais, elles constatent qu’en France, la
fragmentation des espaces forestiers pose un
problème pour assurer la conservation
de la biodiversité.
La protection de la plupart des espèces
menacées exige donc une appréhension
globale de la gestion des territoires et elle
ne peut se limiter à des mesures concernant
la seule gestion forestière. L'analyse
de l'état de protection des écosystèmes
protégés en France reste floue
car les seules données disponibles sont
présentées uniquement statut de
protection par statut de protection. Il manque
une vision globale du réseau des forêts
protégées, alors que les zones
à haute valeur pour la biodiversité
représentent 40% des forêts françaises.
D'après le WWF, seul 1% des forêts
françaises est bien protégé
(réserves intégrales, parcs nationaux,
réserves naturelles). Mais la France
possède près de 19% de forêts
faiblement protégées par des statuts
variés (dont les Parcs Naturels Régionaux).
En Europe 20 à 50 % des espèces
forestières animales sont en danger d'extinction.
Il n'existe pas encore de politique forestière
européenne claire. Cependant des directives
concernant la biodiversité, la directive
"Oiseaux" (1979) et la directive "Habitats,
Faune, Flore" (1992) se sont mises en place.
Elles ont fusionné pour donner naissance
au réseau européen Natura 2000
par lequel, chaque pays doit désigner
des zones spéciales de conservation.
Ce réseau a pour but de préserver
la diversité biologique sur le territoire
de l'Union européenne. Sa mise en place
s'achèvera en 2004 et contribuera à
réaliser les objectifs de la convention
de Rio sur la diversité biologique. Ce
réseau concernerait aujourd'hui des sites
d'intérêt communautaire d'une superficie
de 2 672 160 ha, dont 963 450 ha en milieu forestier.
Les zones en question répondent à
des critères spécifiques de rareté
et d'intérêt écologique
et on dénombre 1325 sites en France métropolitaine.
Cependant, au rythme où le réseau
Natura 2000, les réserves intégrales,
parcs nationaux et réserves naturelles
se mettent en place dans notre pays, il faudra
plus de 80 ans pour ne voir que 2% de forêts
bien protégées. Or, scientifiquement
parlant, il faudrait déjà en protéger
au moins 10% !
Et c'est sans oublier que ce réseau ne
protégera pas la biodiversité
des phénomènes destructeurs. Mise
à mal par les tempêtes exceptionnelles
de décembre 99 (140 millions de bois
perdu soit près de 10 récoltes
annuelles), la forêt métropolitaine
a subi les revers des incendies de cet été
2003 particulièrement dévastateurs.
Près de 70 000 ha du territoire sont
partis en fumée dont 60 000 ha pour la
seule forêt méditerranéenne
(massif des Maures). Habituellement, c'est environ
20 000 ha qui disparaissent chaque année
à cause du feu. Il faudra plusieurs décennies
à la forêt méditerranéenne
pour se reconstituer.
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