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Les repères indispensables
- Finansol
Cette association regroupe la vingtaine d’institutions financières solidaires qui comptent. Elle a aussi créé un précieux label, délivré par un comité indépendant, aux produits financiers respectant des critères de solidarité et transparence : ils sont plus de quarante aujourd’hui.
www.finansol.org

- Novethic
Ce site créé par la Caisse des dépôts est une bonne source sur la responsabilité sociale des entreprises. Il liste et évalue les fonds ISR.
www.novethic.fr

- Le guide Alternatives économiques
Le magazine Alternatives économiques publie régulièrement un guide sur l’épargne alternative et solidaire. La cinquième édition, parue en septembre 2004, détaille en 80 fiches, les placements éthiques ou de partage, les produits bancaires, etc. 9 €
www.alternatives-economiques.fr

Par les Cigales
Clubs d’Investisseurs pour une Gestion Alternative et Locale de l’Epargne Solidaire. Investissent dans des entreprises « respectueuses de la place de l’homme dans son environnement ».
www.cigales.asso.fr

La Nef
Société coopérative qui accorde des prêts à des projets à caractère social, environnemental et culturel.
www.lanef.com

Fédération Love Money pour l’emploi
Des associations qui accompagnent la création, la reprise et le sauvetage d’entreprises en difficulté.
www.love-money.org

Garrigue
Cette société coopérative finance des entreprises socialement innovantes, respectueuses de l’humain et de son environnement.
www.garrigue.net

Clefe
Les Clubs locaux d’Epargne pour les Femmes qui Entreprennent soutiennent la création ou la pérennisation d’entreprises par des femmes.
www.racines-clefe.com

Habitat et Humanisme
Association qui loge et favorise l’insertion de personnes en grande difficulté.
www.habitat-humanisme.org


 



 


 



 

 

DOSSIEREKWOATTITUDE
Texte : Emmanuelle Vibert

FINANCES SOLIDAIRES,

Placez votre argent selon vos valeurs

« Finances » et « solidaires »… Quelle idée saugrenue de coller ces deux mots ensemble. Pourtant c’est une alchimie possible. Réconcilier placements financiers avec certaines valeurs de partage, voilà le pari que font de plus en plus d’associations, mais aussi de banques. Le secteur balbutie, mais son succès est grandissant. Alors envie de placer votre modeste pécule en lui donnant du sens ? Suivez ces quelques repères.

SOMMAIRE :
- Les placements éthiques >>
-
Les investissements de partage et solidaires >>
- Les autres produits bancaires>>
-
Les investissements directs>>
- Grâce aux finances solidaires, en 2004
>>
- Des centaines de mutuelles de solidarité créées grâce à la Sidi >>
- 2005 année internationale du micro crédit >>
- Portraits de femmes >>
- Karol Sachs : L’inventeur des fonds de partage >>

Les placements éthiques
Une nébuleuse un peu fourre-tout
Les placements éthiques n’appartiennent pas à la famille des finances solidaires stricto sensu. Mais comme ce proche cousin fait beaucoup parler de lui, il est bien de savoir à qui l’on a affaire.
Pendant des lustres, pour investir en Bourse, on ne s’est préoccupé que de la bonne santé financière des entreprises. Or depuis la fin des années 90 et sous la pression des consommateurs, certains gestionnaires prennent en compte des critères environnementaux, sociaux. D’autres excluent de leurs fonds des entreprises ne respectant pas certaines valeurs morales. Sont hors jeu l’armement, le jeu, le tabac… On appelle ça les « critères d’exclusion ».
Les placements éthiques, c’est l’ISR pour les intimes : l’investissement socialement responsable. Et il prolifère, avec plus d’une centaine de fonds aujourd’hui sur le marché français. La plupart des grandes banques et des gestionnaires ont créé le leur. Toute proportion gardée - l’ISR ne représente pas plus de 1 % des fonds existants - les placements éthiques sont à la mode et c’est tant mieux. Ils forcent les entreprises à plus de transparence.
Mais qui décide qu’une société est éthique ou ne l’est pas ? Pour cela, on s’appuie sur des agences de notation sociale et environnementale. Elles sont une douzaine en France, la plus connue d’entre elles étant Vigeo. Ce printemps, Novethic publie en partenariat avec Morningstar et Vigeo, le RATING PLANETS®. Son échelle de 1 à 5 PLANETS® (la meilleure note) mesure la responsabilité sociale de 480 fonds distribués en France gérés par 116 sociétés de gestion. Mais ces agences tâtonnent encore à la recherche de méthodes de notation vraiment efficaces et indépendantes. Et leurs critères ne sont pas toujours très exigeants. Ainsi, seuls 75 % des fonds éthiques intègrent les normes du développement durable. Et pas plus de 15 % sont regardants sur les « critères d’exclusion ». Autant dire qu’on est encore très loin d’un label placement éthique fiable…


Liste de fonds :

On en trouve la totalité sur www.novethic.fr et une sélection dans le guide sur les Placements éthiques d’Alternatives économiques

Contraintes et avantagess :
Ils ne sont pas forcément moins rentables que des fonds classiques. Les critères sociétaux peuvent en effet désigner des entreprises plus performantes sur le moyen terme.
Une part dans un fonds éthique peut varier de quelques euros à environ 150.

 




Les investissements de partage et solidaires
Mes intérêts sont les leurs

L’idée des fonds de partage est simple, mais il fallait l’inventer (voir l’encadré sur Karol Sachs). On place son argent dans un fonds commun de placement (FCP). Cet argent est investi en Bourse dans diverses actions et/ou obligations. Ce FCP dégage des intérêts que l’on partage avec une institution qui agit dans l’humanitaire, le développement ou encore l’environnement. Par exemple, avec le FCP « Epargne solidaire » du Crédit Coopératif, vous avez le choix entre 14 ONG, de la Fondation de France, à Handicap International, en passant par Médecins du Monde. Dans d’autres cas, un organisme solidaire et une banque s’associent pour proposer un produit financier, comme la Sidi et le Crédit Coopératif qui ont lancé en 1983 le FCP « Faim et développement » (voir l’encadré sur Karol Sachs).
Les investissements solidaires sont une variante (notez que certains fonds sont mixtes : à la fois de partage et solidaires). Une partie de l’argent placé dans un FCP va directement au financement de projets solidaires, à des sociétés non cotées en Bourse. C’est le cas avec le FCP « Insertion Emploi », distribué par la Caisse d’épargne : entre 5 et 10 % des fonds sont confiés à France Active, qui investit notamment dans des entreprises d’insertion.
Où vont les 90 % des fonds restant ? En principe, ils sont consacrés à des sociétés dites « éthiques » par les agences de notation sociale. On se retrouve donc face au même problème que pour l’ISR. C’est de l’éthique, soit, mais selon quels critères ?
Le journal Politis (Hors Série novembre décembre 2004) soulève par exemple que le FCP « Insertion Emploi » est sensé « investir en priorité dans les titres de sociétés qui favorisent l’emploi et l’insertion sociale ». Or, au premier rang des placements de ce fonds on trouve Total, Sanofi-Aventis ou France Télécom, des entreprises pas particulièrement immaculées concernant la sauvegarde de l’emploi.
Bref, les investissements de partage et solidaires participent d’une façon de plus en plus indispensable au financement d’actions liées à l’humanitaire, au développement, à l’environnement… Ce qui ne les met pas forcément à l’abri de quelques contradictions.

Les fonds et leurs banques ou gestionnaires
Nota bene : à peu de choses près, les Sicav (Sociétés d’investissement à capital variable) fonctionnent comme les FCP.
- Labellisés Finansol :
FCP Choix solidaire, Crédit coopératif
FCP Epargne solidaire, Crédit Coopératif
FCP Epargne solidarité habitat, Crédit Lyonnais, Crédit Coopératif
Sicav Eurco solidarité, Crédit Lyonnais
FCP Faim et développement, Crédit Coopératif
FCP Faim et développement compartiment équilibre, Crédit Coopératif
FCP Faim et développement compartiment horizon, Crédit Coopératif
FCP Faim et développement compartiment trésorerie, Crédit Coopératif
FCP Insertion emploi, Caisses d’Epargne, IXIS AM
FCP Macif croissance durable et solidaire, Macif Gestion
FCP Pacte solidarité logement, Crédit Agricole
FCP Pacte vert tiers-monde, Crédit Agricole
- Non labellisés Finansol
FCP Action Sud, Crédit Lyonnais
FCP Avenir partage, Banque fédérale mutualiste
FCP CM France emploi, Crédit mutuel
Sicav Conciliance, Société Générale
FCP Ethique et partage, Financière Meeschaert
OPCVM Humanis investissement, société de gestion GPK Finance
FCP Investissement et partage, Financière Meeschaert
Sicav Libertés et Solidarité, La Poste
FCP Terre nouvelle, Crédit industriel de l’Ouest (Banque du groupe CIC)

Contraintes et avantages :
Les produits de partage bénéficient d’une fiscalité avantageuse : une réduction d’impôt de 66 % du montant des dons (elle n’était que de 60 % pour les déclarations de 2003), qui s’élève à 75 % pour les associations offrant aide alimentaire, soins et hébergement aux démunis. Autant dire que l’état participe lourdement à votre effort de générosité.
La durée recommandée pour le placement varie entre 2 et 5 ans.
On peut le plus souvent souscrire une seule part, dont le montant s’échelonne d’une quinzaine d’euros à plus de 450.


Plus de 3 milliards d’euros : c’est le total des fonds ISR français.

Les autres produits bancaires
Solidarité déclinée

Les banquiers saupoudrent désormais un peu de solidarité sur plusieurs produits. Faites votre choix. Une carte bleue internationale Visa, grâce à laquelle à chaque opération de retrait une association humanitaire reçoit un don de 0,06 euros ? Et sans incidence sur votre compte car c’est la banque qui le verse ? C’est la carte Agir du Crédit Coopératif. En 2003, 19 000 euros ont été distribués à Médecins du Monde, Energies pour le monde, Aides, Action contre la faim ou à l’Unapei.
Vous avez besoin d’un compte épargne ? Prenez par exemple le Compte épargne nature de la Nouvelle économie fraternelle (Nef). On place son argent (au moins 500 euros) pour 25 mois minimum. Le rendement varie selon la durée du placement : entre 2,1 % et 4 % sur dix ans. On peut choisir de donner ses intérêts (la totalité ou une partie seulement) à la Nef. Dans ce cas, cette dernière utilise l’argent pour accorder des prêts à des projets liés à l’environnement ou au développement durable. Ou alors on destine ces mêmes intérêts à cinq partenaires de la Nef : le réseau Biocoop, le Centre national d’information indépendante sur les déchets (Cniid), Nature et progrès, WWF France et Sortir du nucléaire.

Encore un exemple de ces nouveaux produits financiers solidaires, avec l’assurance-vie Habitat et Humanisme. C’est une assurance-vie classique. La majorité de vos fonds sont placés dans des actions ou des obligations. A ceci près : au minimum 10 % de ces l’investissement vont à l’achat d’actions de la Foncière d’Habitat et Humanisme et chaque année, une partie des frais de gestion est reversée à l’association. Cet argent lui permet de poursuivre son action d’insertion par le logement. Mais toute la performance de l’assurance-vie reste à l’épargnant (+4 % en 2003)
Il existe d’autres exemples, comme le livret Agir du Crédit Coopératif qui a versé 302 000 € de dons en 2004. Pour l’épargne, l’assurance-vie ou pour ouvrir un compte courant, une quinzaine de produits permettent aujourd’hui de faire vivre son argent en solidaire au quotidien. Et la plupart du temps, c’est quasiment indolore pour le volume de votre porte-monnaie.

Les produits bancaires et leurs banques ou sociétés d’assurance-vie

- Labellisés Finansol
Codesol (Codevi), Crédit coopératif
Codevair (livret d’épargne), Banque populaire d’Alsace
Compte courant Cofides, Cofides Nord-Sud
Compte de dépôt à terme de La Nef
Compte épargne insertion, La Nef
Compte épargne nature de la Nef
Livret Agir, Crédit coopératif
Livret Caisse solidaire Nord-Pas-de-Calais, Crédit coopératif
Livret Nef-Crédit coopératif
Munisolidarité placement (Bons de caisse), Crédit municipal de Nantes
Assurance-vie Habitat et humanisme, Assurance-vie prévoyance (Avip)
- Non labellisés Finansol
Carte Agir (carte bleue internationale Visa), Crédit coopératif
Compte chèque La Nef-Crédit coopératif
Actiplus, option Agir (assurance vie), Crédit coopératif
Skandia Ekité (assurance vie), Skandia France

Contraintes et avantages
Si le produit implique un don à une association, les impôts vous font ici aussi cadeau d’une réduction de 66 % du montant des dons.
Pour ouvrir un livret, un Codevi ou un compte épargne solidaire, il peut parfois suffire de 30 euros.


Les investissements directs
Pour s’engager encore plus


Beaucoup des institutions de la finance solidaire proposent de participer directement à leur capital. Dans ce cas, les intermédiaires bancaires disparaissent. Du coup, c’est une histoire entre vous, investisseurs, et par exemple la Nef (citée plus haut) qui investit notamment dans des projets d’énergies renouvelables ou d’aide à la réinsertion. Pour 30 euros (soit une part), vous pouvez en devenir actionnaire. Et ce sera 152 € pour entrer au capital de la Société d’Investissement et de développement international (Sidi) qui alimente des organismes de microcrédit dans les pays du sud.
Vous choisissez de participer au capital des Cigales ? Il faudra aussi y consacrer de votre temps. Ces Clubs d’Investisseurs pour une Gestion Alternative et Locale de l’Epargne Solidaire, investissent dans des entreprises « respectueuses de la place de l’homme dans son environnement ». Le principe est le suivant : 5 à 20 personnes cotisent dans une caisse commune. Le montant est au choix. L’argent est investi dans des prises de participation (toujours minoritaires) de sociétés. Plusieurs fois par an, on se réunit pour recevoir les créateurs, décider des placements… Et au bout de 5 ans (renouvelables une fois), le club liquide son porte-feuille et le répartit en fonction des parts de chacun.
Avec ces investissements directs dans l’économie solidaire, ne vous attendez pas à gagner le jack-pot. Il s’agit ici de bien autre chose : donner de sa personne. Dans un club d’investisseurs comme les Cigales, on appréciera votre expérience et votre accompagnement tout autant que votre argent.
Et c’est finalement le plus sûr moyen de contrôler au maximum la destination de ses économies. Dommage que seule une minorité en ait le temps et les moyen
s.

Liste des sociétés de capital-risque dans lesquelles on peut acheter des parts
Labellisées par Finansol :
- Autonomie et Solidarité
- Garrigue
- La Caisse Solidaire du Nord Pas de Calais
- Femu Quì
- La Nef
- La Sidi
- La SIFA
- La Société Foncière Habitat et Humanisme
- Habitat et Humanisme Développement
- Habitats Solidaires
- Initiatives pour une Economie Solidaire (IES)
- Oikocredit
- Les Cigales
- Les Clefe
Non labellisées par Finansol
- Bretagne Capital Solidaire
- Fédération Love Money
- Herrikoa

Contraintes et avantages
Une réduction d’impôt est accordée à hauteur de 25 % de l’investissement réalisé.
Récupérer son argent peut prendre du temps : dans certains cas, on peut attendre jusqu’à 5 ans après une demande de remboursement. C’est de toute façon un engagement sur plusieurs années.
Une part s’élève à une douzaine d’euros ou plusieurs dizaines.
Chiffre à faire ressortir
Les 3/4 des finances solidaires sont mobilisées pour l’insertion par le travail et par le logement en France
Source : Baromètre Finansol-la Croix-Crédoc


13 % des 31 150 entreprises nouvelles créées en France en 2002 par des chômeurs longue durée l’ont été avec le soutien des financements solidaires.

Grâce aux finances solidaires, en 2004 :
- 600 000 microcrédits accordés dans 45 pays du Sud
Et en France :
- 8500 projets de création ou de développement d’entreprises financés
- 13 000 emplois créés
- 2350 nouvelles familles, en situation de grande précarité, logées
Source : Baromètre Finansol-La Croix-Crédoc-Ipsos édition 2004

Des centaines de mutuelles de solidarité créées grâce à la Sidi

La Sidi, lancée en 1983 par le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD) soutient à travers le monde entier des structures financières de microcrédit. L’idée des Muso est née au Sénégal en 1995, lors d’un atelier réunissant des membres de la Sidi et des organisations paysannes. Ces dernières critiquent l’offre de microcrédit qui leur est faite : trop rigide. Voilà qu’elles inventent une forme nouvelle qui va leur permettre de capitaliser et d’emprunter : les mutuelles de solidarités qui prennent le nom de Muso.
Le principe est simple : un petit groupe cotise régulièrement dans une caisse, la caisse verte. Il accumule du capital et octroie des prêts à ses membres. Les conditions sont fixées collégialement. Pour remplacer par exemple le système du taux d’intérêt pas assez souple et trop compliqué, les taux sont fixés au coup par coup, de façon empirique. Dans une autre caisse, rouge, on cotise en prévision des coups durs : la maladie d’un enfant, la rénovation d’un puits… Et pour éviter les vols, un des membres du groupe surveille la caisse, fermée par un cadenas, un autre est gardien de la clé.
La Sidi a essaimé cette pratique des Muso dans de nombreux pays : Haïti, Madagascar, Kivu, Burkina Faso, Mali ou Tchétchénie. Au Kivu par exemple, il en existe 200 qui regroupent 5000 personnes autour d’un capital de 50 000 dollars.
Pour investir dans la Sidi, on peut acheter des actions dans son capital ou des parts du FCP Faim et Développement du CCFD.
www.sidi.fr

2005 année internationale du micro crédit
Depuis son invention, en 1976, au Bangladesh, par le banquier Muhammad Yunus (qui a plus tard créé la Grameen Bank), le microcrédit a fait ses preuves tout autour du monde. Il s’agit de prêter de très petites sommes à des exclus du système bancaire afin qu’ils créent leur activité et sortent de la misère. Aujourd’hui, il y a près de 60 millions d’emprunteurs. Beaucoup sont des femmes : sur 3,7 millions de clients, la Grameen Bank en compte 96 %. Elles confirment ainsi leur rôle clé dans le développement.

Portraits de femmes :

- Lize Nhaca, veuve de 5 enfants au Mozambique, a voulu créer une petite entreprise de pêche. Après deux crédits de 260 et 690 US$, elle est aujourd’hui capable d’entretenir les 16 membres de sa famille. Elle a aussi construit une maison et emploie quatre personnes.

- La cambodgienne Phorn Hun ne possédait rien et vivait dans une simple cabane au toit de paille. Avec un emprunt de 25 US $, Phorn s’est lancée dans un petit commerce de nouilles. Quelques années après, elle a pu acheter un morceau de terrain, et y construire une maison en bois avec un luxueux toit en taule.

- Fortunata Maria de Aliaga vend des fleurs dans les rues de La Paz, en Bolivie depuis toujours. Elle s’est unie à trois autres femmes pour demander un prêt et être capable d’acheter ses fleurs en gros, à un prix bien meilleur. C’est comme ça qu’elle a pu financer la scolarité de ses trois enfants.

Pour encourager ce système de finances solidaires qui lutte efficacement contre la pauvreté, les Nations Unies ont déclaré 2005, année internationale du micro crédit.
www.yearofmicrocredit.org


Karol Sachs
L’inventeur des fonds de partage

Nous sommes en 1983 et c’est une révolution. Le Crédit Coopératif et Solidarité Internationale pour le Développement et l’Investissement (Sidi) lancent un mécanisme financier inédit, parce que solidaire : le Fonds Commun de Placement (FCP) « Faim et Développement ». C’est le début des finances solidaires d’aujourd’hui.
L’initiateur de cette révolution au Crédit Coopératif, c’est Karol Sachs. Chargé de mission, il est par ailleurs d’origine polonaise et cofondateur de l’association de soutien à Solidarnosc. Il croise alors le chemin de Paul Durand, du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD), qui accompagne aussi les opposants au régime polonais. Ce dernier lui pose une colle : pour améliorer leur trop maigre retraite, les congrégations religieuses épargnent, comment investir cet argent pour le développement des pays du sud sans prendre de risque financier ?
Réponse de Karol Sachs : il faut dissocier les choses. Et si les épargnants souscrivaient à des obligations françaises, donc solides, mais se contentaient de l’inflation ? La différence entre le placement en Bourse et l’inflation serait offerte au CCFD.
La direction du Crédit Coopératif suit. Et peu importe si c’est du jamais vu qu’une banque, univers on ne peut plus laïque, se lie à une association catho. « Le Crédit Coopératif, raconte Karol Sachs aujourd’hui chargé de mission financements solidaires et alternatifs, a cru ce qu’aucune banque ne pouvait alors croire : les épargnants ont d’autres préoccupations que le rendement. »
Cet argent, le CCFD le consacrera finalement non pas aux congrégations religieuses mais à la Sidi, créée pour l’occasion. Cette société anonyme devient le volet économique de l’action du CCFD, en soutenant des institutions financières de microcrédit dans le monde. Ca aussi, c’est du jamais vu : une association catholique qui met son nez dans l’économie.
Et pourtant le succès du FCP est immédiat et durable : 5000 souscripteurs aujourd’hui et 22 millions d’euros de dons produits entre 1983 et 2004. Depuis, beaucoup l’ont d’ailleurs copié et le FCP « Faim et Développement » a de nombreux petits frères, y compris au sein du Crédit Coopératif, qui reste à l’avant-garde avec dix produits labellisés par Finansol.


 

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