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Pour en savoir plus

Conservatoire du littoral,
protection des espaces naturels
et des paysages sur les rivages
maritimes et lacustres,
www.conservatoire
-du-littoral.fr

Association Mer-Terre, solutions pour lutter contre
la pollution des côtes par les macro-déchets,
www.mer-terre.org

Surf Rider Foundation, surfez engagés,
www.surfrider-europe.org

Le Cedre, le Centre de Documentation, de Recherche et d'Expérimentations sur les Pollutions Accidentelles des Eaux,
www.le-cedre.fr

L’Ifremer, l’Institut français de la recherche pour l’exploitation de la mer,
www.ifremer.fr/francais/index.php

Les écogestes méditerranée, vivre et respecter la mer au quotidien,
www.ecogestes.com

Association IODDE, la pêche à pied durable en pays Marennes Oléron à Saint-Pierre d’Oléron, iodde@wanadoo.fr

Bleu Blanc Vert, pour l’attribution des pavillons bleus, www.pavillonbleu.org


 

La pêche au crade

Des bidons en plastique et canettes de soda coupantes autour d’un parasol disloqué, un vieux pneu entouré de fil de fer rouillé, un flacon d’huile solaire et un paquet de bonbon vides, une sandale perdue au milieu des tessons de bouteille...

dunes pleines de poubelles

Voici quelques exemples de ce qu’on appelle des 'macro-déchets' qu’on retrouve sur nos plages. 80% sont d’origine continentale. Ils proviennent des stations d’épuration et des égouts qui débordent par gros temps, des décharges du passé qui se déversent dans les cours d’eau et sont parfois carrément abandonnés à même la plage. Mais les navires de passage, la plaisance et la conchyliculture ont aussi leur part de responsabilité, tout comme les rejets portuaires et les résidus de matériel de pêche. Des accidents ponctuels génèrent aussi leur lot de pollution comme les naufrages de pétroliers ou la décharge espagnole de ‘La Corogne’ dont 200 000 tonnes de déchets sont tombées à la mer en 1996, après de fortes pluies (idem à ‘Saïda’ au Liban en mars dernier).

6 espèces de tortues marines sur 7 sont victimes des macro-déchets

Présents aux embouchures des cours d’eau et le long du littoral, les macro-déchets sont souvent transportés très loin par les courants (on retrouve des déchets aux inscriptions espagnoles sur nos côtes) et constituent de véritables décharges flottantes et sous marines. Le tout saupoudré de boulettes d’hydrocarbures et de nappes huileuses, cadeaux de tous ces navires si consciencieux qui dégazent en mer…
Pour Isabelle Poitou, de l’association ‘Mer-Terre’, « c’est en connaissant que l’on peut gérer ». Elle encourage donc à la création d’un observatoire des déchets en milieux aquatiques pour identifier leurs origines, suivre leurs déplacements et finalement les réduire. C’est dans ce but que ‘Mer-Terre’ s’est alliée à ‘Surf Rider Foundation’ et ses ‘Initiatives Océanes’ de 2006 (opération bénévole et festive de nettoyage des plages au printemps), pour quantifier et qualifier les déchets ramassés. En effet, peu d’études sur le sujet existent, cette pollution « dérange car le problème des macro-déchets serait en partie résolu si les textes de loi étaient appliqués ». Pour Isabelle, comme pour beaucoup de défenseurs du littoral, la solution passe aussi par la responsabilisation et l’information de chacun. Faire l’effort d’utiliser les poubelles à la plage comme en ville, éviter les produits sur-emballés, préférer son cabas aux sacs plastiques voire même arrêter les lâchers de ballons, des pratiques que les lecteurs d’Ekwo connaissent… à ne pas oublier en vacances !

De taille et de résistance variables, les macro-déchets peuvent libérer des substances toxiques dans l’eau (détergents, huiles de moteur, encres, etc.). Ils sont aussi de véritables nids à bactéries qui ne demandent qu’à vous pourrir vos vacances. Mais ils ne s’arrêtent pas là. Des marins rapportent régulièrement l’existence dans le Golfe de Gascogne d’îlots flottants de déchets de plusieurs centaines de mètres carrés. Remake du Loch Ness ou sinistre réalité ? Quoi qu’il en soit, on retrouve souvent des animaux marins étouffés ou victimes d’occlusions intestinales. L’exemple des tortues qui prennent les sacs plastiques pour des méduses est bien connu, mais s’étend malheureusement à toute la faune marine : les baleines prennent des bâches pour des calamars géants, pendant que les albatros avalent des briquets flottants alors qu’ils pensaient se régaler d’œufs… Le matériel de pêche perdu ou abandonné cause aussi de terribles ravages. Hameçons, filets et fils de nylon piègent et blessent tant d’animaux qui se retrouvent incapables de se nourrir et deviennent particulièrement vulnérables aux prédateurs et aux infections. Quand ils ne se noient pas tout simplement…




SUITE

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DOSSIER ENVIRONNEMENT & PHENOMENES
Texte : Eric Boisteaux
Photos : Eric Boisteaux,
Conservatoire du littoral, Mer-Terre

Macro-déchets, quand la nature s’en mêle

Certains déchets sont pourtant naturels et occupent un rôle primordial dans l’écosystème littoral. C’est le cas des monticules d’algues, des coquillages, du bois flotté, des amas de pontes et même des éventuels cadavres d’animaux (poissons, crustacés, etc.) y compris les plumes d’oiseaux et os de seiche. Déposés sur la plage à marée haute et emportés à marée basse, ils constituent ce qu’on appelle la ‘laisse de mer’. Celle-ci est un véritable habitat naturel protégé au niveau national et européen. Elle sert de lieu de ponte et de refuge à beaucoup d’invertébrés marins, eux-mêmes proies des poissons et des oiseaux, comme le talitre (la ‘puce de mer’). Biodégradée par les micro-organismes et les détritivores, la laisse de mer fournit habituellement les ressources nutritives nécessaires au bon développement de la flore des dunes. Elle amortit aussi l’impact des vagues au pied des dunes.

dunes pleines de poubelles


Les déchets : c’est sale ou c’est juste moche ?

Substances toxiques, prolifération des bactéries dans l’eau, mais aussi pollutions visuelles et olfactives, les macro-déchets génèrent des impacts auxquels les touristes sont très sensibles. De même, les filets de pêche ne récoltent pas toujours que des poissons. L’accumulation des déchets sur le littoral est donc synonyme, pour la région, d’un manque à gagner en puissance.
Par conséquent, les municipalités ne lésinent pas sur les moyens pour décaper le bord de mer. Armées de pelleteuses, de cribleuses, de ratisseuses et de tamisseuses, elles traquent sans pitié tout ce qui dépasse un peu trop du sable et sort du cadre des cartes postales. Résultat : une plage immaculée, mais un appauvrissement de l’écosystème et une érosion des plages et des dunes accélérée dans certains cas.

600 mégots, 9 piles et 5 seringues ont été collectés en 2 heures par 10 personnes sur la plage des véliplanchistes à Marseille


Alors que certaines plages urbaines font l’objet d’une collecte mécanique quotidienne de tous les déchets, le Conservatoire du littoral appelle au maintien des laisses de mer pour protéger les écosystèmes côtiers. Depuis 15 ans par exemple, le Conseil général du Nord mène des opérations de restauration des habitats dunaires et du front de mer, en privilégiant le ramassage manuel au mécanique. Les débris naturels sont laissés sur place, ce qui a permis à la végétation de se régénérer, enrichissant ainsi les plages et stabilisants les dunes. Idem en Bretagne, dans les Côtes d’Armor, où la laisse de mer du site de Ploumanac'h est conservée toute l’année. Dans le Sud-Ouest, le Conseil régional d’Aquitaine travaille avec les opérateurs publics, les marins pêcheurs, les élus et les professionnels du tourisme, sur la gestion raisonnée des macro-déchets sur terre mais aussi en mer. Cette politique se traduit, par exemple, par la pose de barrages flottants et le chalutage des déchets. Enfin, en Méditerranée, les communes sont encouragées à conserver tout l’hiver les banquettes de posidonies (qui atténuent l’érosion côtière et alimentent l’eau en oxygène). Déjà appliquée à Hyères et au Lavandou, la démarche n’est pas du goût de tout le monde, mais fait l’objet d’une large sensibilisation. La communication est en effet primordiale, quand on sait que 37 % des usagers du littoral interrogés déclarent être prêts à changer de plage si les débris naturel n’y étaient plus ramassés (enquête IPSOS). L’objectif est de définir une autre façon de « vivre la plage » et d’envisager un partage de l’espace pour que vacanciers et éléments naturels puissent co-exister sur le littoral. Etablir des ‘réserves naturelles’ de plage, en marge des zones de baignade habituelles, évite ainsi aux gens de se baigner parmi les algues. Ou encore penser à une écologie collective, et valoriser le surplus des algues par exemple comme compost pour les cultures.

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