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Pour en savoir plus

Conservatoire du littoral,
protection des espaces naturels
et des paysages sur les rivages
maritimes et lacustres,
www.conservatoire
-du-littoral.fr

Association Mer-Terre, solutions pour lutter contre
la pollution des côtes par les macro-déchets,
www.mer-terre.org

Surf Rider Foundation, surfez engagés,
www.surfrider-europe.org

Le Cedre, le Centre de Documentation, de Recherche et d'Expérimentations sur les Pollutions Accidentelles des Eaux,
www.le-cedre.fr

L’Ifremer, l’Institut français de la recherche pour l’exploitation de la mer,
www.ifremer.fr/francais/index.php

Les écogestes méditerranée, vivre et respecter la mer au quotidien,
www.ecogestes.com

Association IODDE, la pêche à pied durable en pays Marennes Oléron à Saint-Pierre d’Oléron, iodde@wanadoo.fr

Bleu Blanc Vert, pour l’attribution des pavillons bleus, www.pavillonbleu.org

dunes et plage

Sous les déchets la plage

D’un coté l’océan, de l’autre la ville.
Entre les deux : les dunes, une passerelle entre terre et mer qu’on s’empresse de traverser, parasol sous le bras. C’est vrai qu’après onze mois de travail sans avoir vu la côte ni bâti de châteaux de sable, on n’a qu’une envie : en finir au plus vite avec cette dune décidemment toujours aussi raide, pour enfin atteindre la plage. Pourtant, c’est un écosystème fabuleux qui s’y développe et mériterait d’y être découvert. Et après la dune, si on allait pêcher ? Mais coquillages ou crustacés ? Ou peut-être quelques bouteilles en plastique et un ou deux vieux pneus ? Suivez le guide dans les dunes…

Dunes et biodiversité,
2 éléments indissociables

De la terre à la mer, grain de sable après grain de sable, le parcours a priori monotone est un théâtre aux décors variés. Peuplées de dizaines d'espèces, de fleurs uniques et de gentils lézards, les dunes regorgent de variété. Sous un soleil implacable, le paysage est sculpté par les assauts du vent et de l'océan. Le sol y est mobile, salé, pauvre en eau et en éléments nutritifs. C’est selon cette répartition des contraintes que les plantes ont dû développer des trésors d’adaptabilité et trouver chacune leur place dans l’écosystème pour survivre. Les végétaux qui aiment le sel sont en première ligne, face à la mer. Ceux qui ont de longues racines capables d’aller chercher l’eau en profondeur et qui résistent au vent, sur les parties les plus sèches et mobiles. Pour les plus fragiles, comme les mousses ou les plantes à fleurs, l’arrière dune sera parfait. Enfin, des arbres marqueront parfois la fin de la dune et l’orée de la forêt.

dunes et arbres
Parmi cette armada végétale, certaines recrues ont une histoire, comme le pin maritime, introduit massivement sous Napoléon III pour assécher les Landes, une région alors totalement marécageuse. Ou encore l’oyat, ces longues herbes sèches vertes-brunes apportées au XIXème siècle pour fixer les dunes grâce à leurs longues racines qui maintiennent le sable en place.
Prêts pour un safari dunaire ? Entre le chardon bleu et le liseron soldanelle , en passant par la salicorne herbacée comestible, à faire en vinaigrette ou en légumes, les naturalistes en herbe auront de quoi étrenner leur nouvel appareil photo. Ne ratez pas non plus l’immortelle des sables dont les longues feuilles velues sentent le curry, la giroflée des dunes, cette touffe de feuilles soyeuses bleues-vertes ornée de grappes de fleurs mauves, ou encore le pourpier de mer, petite plante verte brillante et charnue d’aspect gras. L’occasion cet été, de redécouvrir un littoral que vous pensiez peut-être si bien connaître.

Initiatives Océanes de 2006 ramassage de 94 m3 de déchets dont 55% de plastique

Toutefois, avant de remplir votre herbier ou de vous faire un bouquet marin, songez au rôle indispensable de ces végétaux dans le maintien du sable, plus utiles sur place que dans un vase. Sans eux, la dune ne tiendrait tout simplement pas. De plus, certaines sont des espèces protégées au niveau régional ou national comme, entre autres, l’oeillet de France et le géranium sanguin. Amateurs de zoologie, vous ne serez pas en reste.                                                SUITE

DOSSIER ENVIRONNEMENT & PHENOMENES
Texte : Eric Boisteaux
Photos : Eric Boisteaux,
Conservatoire du littoral, Mer-Terre

13 476 tonnes de déchets ont été ramassées sur les plages des Pyrénées-Atlantiques en 2004

 

En plus de la faune coutumière des forêts tempérées (renards, lapins, sangliers), beaucoup d’oiseaux fréquentent les mêmes plages que vous, telles la sterne pierregarin dite l’hirondelle des mers, le goéland argenté ou le gravelot à collier interrompu, en déclin au niveau européen et dont il ne subsiste plus que 1500 couples en France. Les dunes en abritent certains toute l’année, tandis qu’elles ne sont qu’une étape migratoire pour d’autres (comme la mésange boréale ou le loriot d’Europe). Une flopée d’insectes, de reptiles et d’amphibiens vient enrichir ce patrimoine vivant. Citons par exemple le hanneton foulon, rare en France, le lézard vert et les petites rainettes vertes qui restent à l’abri du domaine boisé.

Les dunes à l’assaut des terres

Le recul et l’érosion des dunes sont des phénomènes naturels. Faute de végétaux pour le retenir et soumis aux assauts répétés du vent et de la marée, le sable se retire au fur et à mesure, mettant en péril l’intégrité des dunes. Et la fréquentation humaine n’arrange pas les choses. Inexorablement, les dunes reculent, s’effritent, s’effondrent. Et sans elles, c’est souvent toute une zone ou un village qui serait à la merci du vent, des vagues et même d’un ensevelissement par le sable. Ce fût le cas par exemple en Aquitaine, il y a quelques années, de certaines habitations du Cap Ferret, ou à Soulac-sur-mer pour le sanctuaire de ‘Notre Dame de la Fin des Terres’, édifice roman enseveli au XVème siècle et désensablé en 1859, aujourd'hui classé au patrimoine mondial de l'UNESCO.

dunes


Pour y remédier, le Conservatoire du littoral, en coopération avec l’ONF et les municipalités, travaillent toute l’année à la sauvegarde des dunes dont certaines sont classées réserves naturelles, forêt de protection, voire réserve biologique domaniale. Parmi les actions engagées, l’introduction de végétaux qui stabilisent les dunes (comme les fameux oyats) et l’instauration de chemins balisés pour en éviter le piétinement.
Vous connaissez aussi les ganivelles. Mais si ! Ces clôtures faites de petites lattes de bois, parfois de filets, qui longent les dunes. Elles interceptent le sable emporté par le vent, autant pour en alimenter la dune que pour empêcher les grains qui la composent déjà de s’envoler. Toujours pour piéger le sable au sol, le sommet des dunes est souvent tapissé de branchages et autres débris végétaux. Les dunes de l’Amélie, en Gironde, ont bénéficié comme tant d’autres de ces aménagements et d’une diversification des essences boisées. Le site dispose maintenant d’une forêt de résineux et de feuillus, à plusieurs strates, qui constitue une coupure volontaire dans l’urbanisation de l’Amélie avec les communes voisines. Le Conservatoire du littoral espère ainsi ralentir, à défaut de pouvoir l’empêcher, l’érosion marine qui fait reculer la dune de 7 mètres par an. Plus rarement, certaines municipalités n’hésitent pas à disposer, parallèlement à la mer, des barrières de rochers censées briser l’élan des vagues trop violentes pour atténuer l’érosion du littoral. Contexte qui va empirer avec la montée des eaux due au réchauffement climatique...

Symbole des ‘vacances à la mer’, les dunes sont aussi pittoresques qu’utiles. Elles sont donc la cible d’un grand nombre de mesures de protection. Mais peut-être devrions-nous accepter les rythmes de la mer et du vent, quitte à les laisser se répandre dans les terrains humides ? Renoncer à dompter ces gigantesques masses de sable et accepter leur nature mobile ? Pour finalement organiser nos activités en fonction de la nature et de son cycle plutôt que l’inverse.




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Respect your plage
Pour que ce patrimoine naturel perdure, une seule solution : la cohabitation. Comment, dans nos gestes quotidiens et néanmoins estivaux, préserver la flore, la faune, les dunes et la plage en général ?

• Les poubelles de plage ne sont pas « de plage » pour rien : aucun déchet ne doit rester sur le sable après votre passage. Pas même les noyaux et pelures de fruits.
• A pied, restez sur les chemins balisés, c’est mieux pour les végétaux et c’est moins fatiguant…
• Fanas de cueillette ? Assurez-vous de ne pas priver le littoral d’une plante rare et laissez toujours les racines.
• Interdiction de faire du feu ! Une brise et c’est toute la dune qui part en fumée.
• Vous aimez entendre le chant des oiseaux ? Pas sûr que les oiseaux qui nichent apprécient la réciproque. Même si vous chantez bien. Gardez au loin vos radios, djembés et autres didjeridoos.
• Respect pour les travaux d’aménagement. Pas touche aux ganivelles ni au bois déposé !
• Un mot pour les plus jeunes : s’amuser à grimper et dévaler à flancs de dunes c’est rigolo, mais c’est pas beau. Il suffit de regarder l’état dans lequel elles sont ensuite...
• Vrooaamm ! Deng Deng Debaaamm ! Comment ? Un engin motorisé dans les dunes ? On ne vous a pas prévenu que c’était interdit ?

Miam ! Quel plaisir de se retrouver en famille ou entre amis autour de la pêche du jour. Sauf que dans l’étude de l’association ‘IODDE’ les ¾ des pêcheurs d’étrilles, palourdes, huîtres, patelles, bigorneaux, crevettes et petits poissons ignorent la réglementation censée protégée l’estran. Petits conseils pour une pêche 'durable' :

• Première chose à faire : se renseigner auprès des Affaires maritimes ou de l’office de tourisme sur la limite de taille imposée (‘la maille’) et les périodes de pêche autorisées. Car d’autres espèces que nous profitent aussi des beaux jours pour se reproduire !
• Résistez au ‘réflexe de pêche’ : ce n’est pas parce qu’on n’est pas parvenu à pêcher gros qu’il faut pêcher beaucoup pour compenser ! Et pourquoi ramasser des prises qu’on ne mangera pas ?
• Attention à la fragilité de la plage en tant qu’écosystème. Bannissez les fourches et autres outils destructeurs pour la pêche à pied. De même, ne brisez pas les roches qui abritent les crabes et remettez en place celles que vous avez déplacées.
• Pour les 'p'tits bouts' : communiquez-leur ce respect. Pas question de ramasser un plein seau de bestioles à laisser cramer au soleil ! Admirez avec eux les animaux en liberté, et en cas de capture, partagez la joie de les relâcher.

 

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